Une fois l’implémentation des espaces de noms montage terminée, l’expérience a montré que, dans certains cas, l’isolation qu’ils fournissaient était trop importante. Par exemple, pour rendre un nouveau disque optique nouvellement chargé disponible dans tous les espaces de noms montage, une opération de montage était requise pour chaque espace de noms. Pour un tel cas d’utilisation, et quelques autres, la fonctionnalité sous-arbre partagé a été introduite dans Linux 2.6.15. Cette fonctionnalité permet une propagation automatique et contrôlée des évènements mount(2) et umount(2) entre espaces de noms (ou, plus précisément, entre les montages qui sont membres d’un groupe de pairs qui propagent les évènements des uns aux autres).
Chaque montage est marqué (à l’aide de mount(2)) comme ayant un des types de propagation suivants :
- MS_SHARED
- Ce montage partage les évènements avec les membres d’un groupe de pairs. Les évènements mount(2) et umount(2) immédiatement sous ce montage se propageront vers les autres montages qui sont membres du groupe de pairs. Propagation signifie ici que le même mount(2) ou umount(2) se produira automatiquement sous tous les autres montages dans le groupe de pairs. Inversement, les évènements mount(2) et umount(2) qui se produiront sous des montages de pair se propageront vers ce montage.
- MS_PRIVATE
- Ce montage est privé, il ne possède pas de groupe de pairs. Les évènements mount(2) et umount(2) ne se propageront pas vers ou hors de ce montage.
- MS_SLAVE
- Les évènements mount(2) et umount(2) se propageront dans ce montage à partir d’un groupe de pairs partagé (maître). Les évènements mount(2) et umount(2) sous ce montage ne se propagent vers aucun pair.
- Il est à remarquer qu’un montage peut être l’esclave d’un autre groupe de pairs tout en partageant en même temps des évènements mount(2) et umount(2) avec un groupe de pairs dont il est membre (plus précisément, un groupe de pairs peut être l’esclave d’un autre groupe de pairs).
- MS_UNBINDABLE
- Identique à un montage privé ; de plus, ce montage ne peut être monté lié (montage bind). Les essais de monter lié ce montage (mount(2) avec l’attribut MS_BIND) échoueront.
- Quand un montage bind récursif (mount(2) avec les attributs MS_BIND et MS_REC) est réalisé dans un sous-arbre de répertoire, tout montage bind dans le sous-arbre est automatiquement élagué (c’est-à-dire, pas répliqué) lors de la réplication de ce sous-arbre pour produire le sous-arbre cible.
Pour des explications sur le type de propagation assigné à un nouveau montage, consulter la section NOTES.
Le type de propagation est un réglage spécifique à chaque point de montage. Certains montages peuvent être marqués comme partagés (chaque montage partagé étant un membre d’un groupe de pairs distinct) tandis que d’autres sont privés (ou esclaves ou non liables).
Il est à noter que le type de propagation d’un montage détermine si les mount(2) et umount(2) de montages immédiatement sous le montage sont propagées. Par conséquent, le type de propagation n’affecte pas la propagation d’évènements pour les petits-enfants et les futurs montages de descendants supprimés. Ce qui se passe si le montage lui-même est démonté dépend du type de propagation en vigueur pour le parent du montage.
Des membres sont ajoutés à un groupe de pairs quand un montage est marqué comme partagé et soit :
- (a)
- le montage est répliqué pendant la création d’un nouvel espace de noms montage ;
- (b)
- un nouveau montage bind est créé à partir du montage.
Dans les deux cas, le nouveau montage rejoint le groupe de pairs dont le montage existant est membre.
Un nouveau groupe de pairs est aussi créé quand un montage enfant est créé sous un montage existant marqué comme partagé. Dans ce cas, le nouveau montage enfant est aussi marqué comme partagé et le nouveau groupe de pairs résultant est constitué de tous les montages qui sont répliqués sous les pairs des montages parents.
Un montage cesse d’être membre d’un groupe de pairs quand le montage est explicitement démonté ou quand le montage est implicitement démonté parce qu’un espace de noms montage est supprimé (parce qu’il n’a plus de processus membre).
Le type de propagation des montages dans l’espace de noms montage peut être obtenu à l’aide des « champs facultatifs » exposés dans /proc/pid/mountinfo (consulter proc(5)EN pour plus de détails sur ce fichier). Les étiquettes suivantes peuvent apparaitre dans ces champs facultatifs pour un enregistrement de ce fichier :
- shared:X
- Ce montage est partagé dans le groupe de pairs X. Chaque groupe de pairs a un ID unique qui est automatiquement géré par le noyau, et tous les montages dans le même groupe de pairs afficheront le même ID (ces ID sont assignés en partant de la valeur 1 et peuvent être recyclés quand un groupe de pairs n’a plus aucun membre).
- master:X
- Ce montage est un esclave du groupe de pairs X partagé.
- propagate_from:X (depuis Linux 2.6.26)
- Ce montage est un esclave et reçoit des propagations du groupe de pairs X partagé. Cette étiquette apparaitra toujours en conjonction avec l’étiquette master:X. Ici, X est le plus proche groupe de pairs dominant sous le répertoire racine du processus. Si X est le maitre immédiat du montage ou s’il n’existe aucun groupe de pairs dominant sous la même racine, seul le champ master:X est présent, alors que le champ propagate_from:X est absent. Pour plus de détails, voir ci-après.
- unbindable
- Ce montage ne peut être lié (bind).
Si aucune de ces étiquettes n’est présente, alors c’est un montage privé.
En supposant que dans un terminal dans l’espace de noms montage initial, un montage soit marqué comme partagé (mntS) et un autre privé (mntP), et en affichant les montages dans /proc/self/mountinfo :
sh1# mount --make-shared /mntS
sh1# mount --make-private /mntP
sh1# cat /proc/self/mountinfo | grep '/mnt' | sed 's/ - .*//'
77 61 8:17 / /mntS rw,relatime shared:1
83 61 8:15 / /mntP rw,relatime
Dans la sortie /proc/self/mountinfo, on voit que /mntS est un montage partagé dans le groupe de pairs 1 et que /mntP n’a pas d’étiquette facultative, indiquant que c’est un montage privé. Les deux premiers champs de chaque enregistrement dans ce fichier sont l’ID unique pour ce montage et l’ID de montage du montage parent. Ce fichier peut être inspecté ultérieurement pour vérifier que le montage parent de /mntS et /mntP est le répertoire racine /, qui est monté comme privé :
sh1# cat /proc/self/mountinfo | awk '$1 == 61' | sed 's/ - .*//'
61 0 8:2 / / rw,relatime
Dans un second terminal, créons un nouvel espace de noms montage où un deuxième interpréteur est exécuté et inspectons les montages :
$ PS1='sh2# ' sudo unshare -m --propagation unchanged sh
sh2# cat /proc/self/mountinfo | grep '/mnt' | sed 's/ - .*//'
222 145 8:17 / /mntS rw,relatime shared:1
225 145 8:15 / /mntP rw,relatime
Le nouvel espace de noms montage reçoit une copie des montages initiaux d’espace de noms montage. Ces nouveaux montages conservent les mêmes types de propagation, mais ont des ID uniques de montage (l’option --propagation unchanged empêche unshare(1)EN de marquer tous les montages comme privés lors de la création d’un nouvel espace de noms montage, ce qui est réalisé par défaut).
Dans le second terminal, créons alors des sous-montages sous chacun des /mntS et /mntP et inspectons la configuration :
sh2# mkdir /mntS/a
sh2# mount /dev/sdb6 /mntS/a
sh2# mkdir /mntP/b
sh2# mount /dev/sdb7 /mntP/b
sh2# cat /proc/self/mountinfo | grep '/mnt' | sed 's/ - .*//'
222 145 8:17 / /mntS rw,relatime shared:1
225 145 8:15 / /mntP rw,relatime
178 222 8:22 / /mntS/a rw,relatime shared:2
230 225 8:23 / /mntP/b rw,relatime
Dans ce qui précède, on peut voir que /mntS/a a été créé comme partagé (héritant ce réglage de son montage parent) et que /mntP/b a été créé comme montage privé.
En retournant dans le premier terminal et en inspectant la configuration, on peut voir que le nouveau montage créé sous le montage partagé /mntS s’est propagé vers son montage pair (dans l’espace de noms montage initial), mais que le nouveau montage créé sous le montage privé /mntP ne s’est pas propagé :
sh1# cat /proc/self/mountinfo | grep '/mnt' | sed 's/ - .*//'
77 61 8:17 / /mntS rw,relatime shared:1
83 61 8:15 / /mntP rw,relatime
179 77 8:22 / /mntS/a rw,relatime shared:2
Faire d’un montage un esclave lui permet de recevoir des évènements mount(2) et umount(2) propagés à partir d’un groupe de pairs partagé maitre, tout en l’empêchant de propager des évènements vers ce maitre. Cela est utile, par exemple, si on veut recevoir un évènement de montage quand un disque optique est monté dans un groupe de pairs partagé maitre (dans un autre espace de noms montage), mais en voulant empêcher que des évènements mount(2) et umount(2) dans le montage esclave n’aient des effets de bord dans d’autres espaces de noms.
L’effet de l’asservissement peut être démontré en d’abord marquant deux montages comme partagés dans l’espace de noms montage initial :
sh1# mount --make-shared /mntX
sh1# mount --make-shared /mntY
sh1# cat /proc/self/mountinfo | grep '/mnt' | sed 's/ - .*//'
132 83 8:23 / /mntX rw,relatime shared:1
133 83 8:22 / /mntY rw,relatime shared:2
Dans un second terminal, créons un nouvel espace de noms montage et inspectons les montages :
sh2# unshare -m --propagation unchanged sh
sh2# cat /proc/self/mountinfo | grep '/mnt' | sed 's/ - .*//'
168 167 8:23 / /mntX rw,relatime shared:1
169 167 8:22 / /mntY rw,relatime shared:2
Dans le nouvel espace de noms montage marquons un des montages comme esclave :
sh2# mount --make-slave /mntY
sh2# cat /proc/self/mountinfo | grep '/mnt' | sed 's/ - .*//'
168 167 8:23 / /mntX rw,relatime shared:1
169 167 8:22 / /mntY rw,relatime master:2
Dans la sortie ci-dessus, nous voyons que /mntY est désormais un montage esclave qui reçoit les évènements de propagation du groupe de pairs partagé avec l’ID 2.
En continuant dans le nouvel espace de noms, créons des sous-montages sous chaque /mntX et /mntY :
sh2# mkdir /mntX/a
sh2# mount /dev/sda3 /mntX/a
sh2# mkdir /mntY/b
sh2# mount /dev/sda5 /mntY/b
Si nous inspectons l’état des montages dans le nouvel espace de noms montage, nous voyons que /mntX/a a été créé comme nouveau montage partagé (héritant du réglage « partagé » de son montage parent) et que /mntY/b a été créé comme montage privé :
sh2# cat /proc/self/mountinfo | grep '/mnt' | sed 's/ - .*//'
168 167 8:23 / /mntX rw,relatime shared:1
169 167 8:22 / /mntY rw,relatime master:2
173 168 8:3 / /mntX/a rw,relatime shared:3
175 169 8:5 / /mntY/b rw,relatime
En retournant dans le premier terminal (dans l’espace de noms montage initial) nous voyons que le montage /mntX/a s’est propagé au pair (le /mntX partagé), mais que le montage /mntY/b ne s’est pas propagé :
sh1# cat /proc/self/mountinfo | grep '/mnt' | sed 's/ - .*//'
132 83 8:23 / /mntX rw,relatime shared:1
133 83 8:22 / /mntY rw,relatime shared:2
174 132 8:3 / /mntX/a rw,relatime shared:3
Créons maintenant un nouveau montage sous /mntY dans le premier interpréteur :
sh1# mkdir /mntY/c
sh1# mount /dev/sda1 /mntY/c
sh1# cat /proc/self/mountinfo | grep '/mnt' | sed 's/ - .*//'
132 83 8:23 / /mntX rw,relatime shared:1
133 83 8:22 / /mntY rw,relatime shared:2
174 132 8:3 / /mntX/a rw,relatime shared:3
178 133 8:1 / /mntY/c rw,relatime shared:4
Quand nous examinons les montages dans le second espace de noms montage, nous voyons que dans ce cas le nouveau montage s’est propagé au montage esclave et que le nouveau montage lui-même est un montage esclave (au groupe de pairs 4) :
sh2# cat /proc/self/mountinfo | grep '/mnt' | sed 's/ - .*//'
168 167 8:23 / /mntX rw,relatime shared:1
169 167 8:22 / /mntY rw,relatime master:2
173 168 8:3 / /mntX/a rw,relatime shared:3
175 169 8:5 / /mntY/b rw,relatime
179 169 8:1 / /mntY/c rw,relatime master:4
Une des premières utilités des montages non liables (non bind) est d’éviter le problème « d’explosion de montages » lors de réalisation de manière répétée de montages bind d’un sous-arbre de haut niveau dans un montage de bas niveau. Le problème est illustré par la session d’interpréteur suivante :
En supposant l’existence d’un système avec les montages suivants :
# mount | awk '{print $1, $2, $3}'
/dev/sda1 on /
/dev/sdb6 on /mntX
/dev/sdb7 on /mntY
Supposons de plus que nous voulons de manière récursive monter lié (bind) le répertoire racine sous plusieurs répertoires home d’utilisateurs. Faisons-le pour le premier utilisateur et inspectons les montages :
# mount --rbind / /home/cecilia/
# mount | awk '{print $1, $2, $3}'
/dev/sda1 on /
/dev/sdb6 on /mntX
/dev/sdb7 on /mntY
/dev/sda1 on /home/cecilia
/dev/sdb6 on /home/cecilia/mntX
/dev/sdb7 on /home/cecilia/mntY
Lorsque nous répétons cette opération pour le second utilisateur, le problème de l’explosion commence à apparaitre :
# mount --rbind / /home/henry
# mount | awk '{print $1, $2, $3}'
/dev/sda1 on /
/dev/sdb6 on /mntX
/dev/sdb7 on /mntY
/dev/sda1 on /home/cecilia
/dev/sdb6 on /home/cecilia/mntX
/dev/sdb7 on /home/cecilia/mntY
/dev/sda1 on /home/henry
/dev/sdb6 on /home/henry/mntX
/dev/sdb7 on /home/henry/mntY
/dev/sda1 on /home/henry/home/cecilia
/dev/sdb6 on /home/henry/home/cecilia/mntX
/dev/sdb7 on /home/henry/home/cecilia/mntY
Sous /home/henry, nous n'avons pas seulement ajouté récursivement les montages /mntX et /mntY, mais aussi les montages récursifs de ces répertoires sous /home/cecilia qui ont été créés dans l’étape précédente. Si nous répétons cela pour un troisième utilisateur, il devient évident que l’explosion est de nature exponentielle :
# mount --rbind / /home/otto
# mount | awk '{print $1, $2, $3}'
/dev/sda1 on /
/dev/sdb6 on /mntX
/dev/sdb7 on /mntY
/dev/sda1 on /home/cecilia
/dev/sdb6 on /home/cecilia/mntX
/dev/sdb7 on /home/cecilia/mntY
/dev/sda1 on /home/henry
/dev/sdb6 on /home/henry/mntX
/dev/sdb7 on /home/henry/mntY
/dev/sda1 on /home/henry/home/cecilia
/dev/sdb6 on /home/henry/home/cecilia/mntX
/dev/sdb7 on /home/henry/home/cecilia/mntY
/dev/sda1 on /home/otto
/dev/sdb6 on /home/otto/mntX
/dev/sdb7 on /home/otto/mntY
/dev/sda1 on /home/otto/home/cecilia
/dev/sdb6 on /home/otto/home/cecilia/mntX
/dev/sdb7 on /home/otto/home/cecilia/mntY
/dev/sda1 on /home/otto/home/henry
/dev/sdb6 on /home/otto/home/henry/mntX
/dev/sdb7 on /home/otto/home/henry/mntY
/dev/sda1 on /home/otto/home/henry/home/cecilia
/dev/sdb6 on /home/otto/home/henry/home/cecilia/mntX
/dev/sdb7 on /home/otto/home/henry/home/cecilia/mntY
Le problème de l’explosion de montages dans le scénario précédent peut être évité en rendant chaque nouveau montage non liable. Ainsi les montages récursifs du répertoire racine ne répliqueront pas les montages non liables. Un tel montage pour le premier utilisateur peut être effectué ainsi :
# mount --rbind --make-unbindable / /home/cecilia
Avant d’aller plus loin, nous montrons que les montages non liables le sont effectivement :
# mkdir /mntZ
# mount --bind /home/cecilia /mntZ
mount: wrong fs type, bad option, bad superblock on /home/cecilia,
missing codepage or helper program, or other error
Dans certains cas, une information utile est disponible dans syslog – essayer
dmesg | tail ou quelque chose d’équivalent.
Maintenant nous créons des montages bind récursifs non liables pour les deux autres utilisateurs :
# mount --rbind --make-unbindable / /home/henry
# mount --rbind --make-unbindable / /home/otto
Un examen de la liste des montages permet de voir qu’il n’y a eu aucune explosion des montages parce que les montages non liables n’ont pas été répliqués sous chaque répertoire d’utilisateur :
# mount | awk '{print $1, $2, $3}'
/dev/sda1 on /
/dev/sdb6 on /mntX
/dev/sdb7 on /mntY
/dev/sda1 on /home/cecilia
/dev/sdb6 on /home/cecilia/mntX
/dev/sdb7 on /home/cecilia/mntY
/dev/sda1 on /home/henry
/dev/sdb6 on /home/henry/mntX
/dev/sdb7 on /home/henry/mntY
/dev/sda1 on /home/otto
/dev/sdb6 on /home/otto/mntX
/dev/sdb7 on /home/otto/mntY
La table suivante montre les effets que l’application d’un nouveau type de propagation (c’est-à-dire mount --make-xxxx) a sur un type de propagation existant d’un montage. Les lignes correspondent aux types de programmation existants et les colonnes aux nouveaux réglages de propagation. Pour des raisons d’espace, « private » est abrégé en « priv » et « unbindable » en « unbind ».
| make-shared | make-slave | make-priv | make-unbind |
| shared | shared | slave/priv [1] | priv | unbind |
| slave | slave+shared | slave [2] | priv | unbind |
| slave+shared | slave+shared | slave | priv | unbind |
| private | shared | priv [2] | priv | unbind |
| unbindable | shared | unbind [2] | priv | unbind |
Prenez note des détails suivants à propos de la table :
- [1]
- Si un montage partagé est l’unique montage dans son groupe de pairs, faire de lui un esclave le rend automatiquement privé.
- [2]
- Rendre esclave un montage non partagé n’a aucun effet sur le montage.
Supposons que la commande suivante soit exécutée :
mount --bind A/a B/b
Ici, A est le montage source, B est le montage de destination, a est un chemin de sous-répertoire sous le point de montage A et b est un chemin de sous-répertoire sous le point de montage B. Le type de propagation du montage résultant, B/b, dépend des types de propagation des montages A et B, et cela est résumé dans la table suivante.
| | | source(A) |
| | shared | private | slave | unbind |
| dest(B) | shared | shared | shared | slave+shared | non valable |
| non partagé | shared | private | slave | non valable |
Remarquez qu’un bind récursif d’un sous-arbre suit les mêmes sémantiques que pour une opération bind sur chaque montage dans le sous-arbre (les montages non liables sont automatiquement élagués à la cible du montage cible).
Pour de plus amples explications, consulter Documentation/filesystems/sharedsubtree.rst dans l’arbre des sources du noyau.
Supposons que la commande suivante soit exécutée :
mount --move A B/b
Ici, A est le montage source, B est le montage de destination et b est un chemin de sous-répertoire sous le point de montage B. Le type de propagation du montage résultant, B/b, dépend des types de propagation des montages A et B, et cela est résumé dans la table suivante.
| | | source(A) |
| | shared | private | slave | unbind |
| dest(B) | shared | shared | shared | slave+shared | non valable |
| non partagé | shared | private | slave | unbindable |
Remarque : déplacer un montage qui réside sous un montage partagé n’est pas autorisé.
Pour de plus amples explications, consulter Documentation/filesystems/sharedsubtree.rst dans l’arbre des sources du noyau.
Supposons que la commande suivante soit utilisée pour créer un montage :
mount device B/b
Ici, B est le montage de destination et b est un chemin de sous-répertoire sous le point de montage B. Le type de propagation du montage résultant, B/b, suit les mêmes règles que pour un montage bind où le type de propagation du montage source est toujours considéré comme privé.
Supposons que la commande suivante soit utilisée pour défaire un montage :
umount A
Ici, A est un montage dans B/b, où B est le montage parent et b est un chemin de sous-répertoire sous le point de montage B. Si B est partagé, alors tous les montages les plus récemment montés dans b sur des montages qui reçoivent la propagation du montage B et qui n’ont pas de sous-montages sous eux sont démontés.
L’étiquette propagate_from:X est affichée dans les champs facultatifs d’un enregistrement /proc/pid/mountinfo dans le cas où un processus ne peut voir un maitre immédiat d’esclave (c’est-à-dire, le chemin du maitre n’est pas accessible à partir du répertoire racine du système de fichiers) et ainsi ne peut pas déterminer la chaine de propagation entre les montages qu’il peut voir.
Dans l’exemple suivant, créons d’abord une chaine maitre-esclave à deux liens entre les montages /mnt, /tmp/etc et /mnt/tmp/etc. Ensuite la commande chroot(1) est utilisée pour rendre le point de montage /tmp/etc inaccessible à partir du répertoire racine, créant une situation où le maitre de /mnt/tmp/etc n’est pas accessible à partir du (nouveau) répertoire racine du processus.
D’abord mous montons lié (bind) le répertoire racine sur /mnt, puis nous montons lié /proc sous /mnt/proc de telle façon qu’après le chroot(1) ultérieur, le système de fichiers proc(5)EN demeure visible dans l’emplacement correct de l’environnement chrooté.
# mkdir -p /mnt/proc
# mount --bind / /mnt
# mount --bind /proc /mnt/proc
Ensuite, nous nous assurons que le montage /mnt est un montage partagé dans un nouveau groupe de pairs (sans aucun pair) :
# mount --make-private /mnt # Isolation de n’importe quel groupe de pairs précédent
# mount --make-shared /mnt
# cat /proc/self/mountinfo | grep '/mnt' | sed 's/ - .*//'
239 61 8:2 / /mnt ... shared:102
248 239 0:4 / /mnt/proc ... shared:5
Ensuite, nous montons lié /mnt/etc sur /tmp/etc :
# mkdir -p /tmp/etc
# mount --bind /mnt/etc /tmp/etc
# cat /proc/self/mountinfo | egrep '/mnt|/tmp/' | sed 's/ - .*//'
239 61 8:2 / /mnt ... shared:102
248 239 0:4 / /mnt/proc ... shared:5
267 40 8:2 /etc /tmp/etc ... shared:102
Initialement, ces deux montages sont dans le même groupe de pairs, mais nous rendons /tmp/etc esclave de /mnt/etc et nous rendons aussi /tmp/etc partagé, de telle façon qu’il puisse propager les évènements au prochain esclave dans la chaine :
# mount --make-slave /tmp/etc
# mount --make-shared /tmp/etc
# cat /proc/self/mountinfo | egrep '/mnt|/tmp/' | sed 's/ - .*//'
239 61 8:2 / /mnt ... shared:102
248 239 0:4 / /mnt/proc ... shared:5
267 40 8:2 /etc /tmp/etc ... shared:105 master:102
Ensuite nous montons lié /tmp/etc sur /mnt/tmp/etc. De nouveau, les deux montages sont initialement dans le même groupe de pairs, mais nous faisons alors de /mnt/tmp/etc un esclave de /tmp/etc :
# mkdir -p /mnt/tmp/etc
# mount --bind /tmp/etc /mnt/tmp/etc
# mount --make-slave /mnt/tmp/etc
# cat /proc/self/mountinfo | egrep '/mnt|/tmp/' | sed 's/ - .*//'
239 61 8:2 / /mnt ... shared:102
248 239 0:4 / /mnt/proc ... shared:5
267 40 8:2 /etc /tmp/etc ... shared:105 master:102
273 239 8:2 /etc /mnt/tmp/etc ... master:105
De ce qui précède, nous voyons que /mnt est le maitre de l’esclave /tmp/etc, qui à son tour est le maitre de l’esclave /mnt/tmp/etc.
Puis nous effectuons un chroot(1) sur le répertoire /mnt, ce qui rend le montage avec l’ID 267 inaccessible à partir du (nouveau) répertoire racine :
# chroot /mnt
Lorsque nous examinons l’état des montages à l’intérieur de l’environnement chrooté, nous voyons ce qui suit :
# cat /proc/self/mountinfo | sed 's/ - .*//'
239 61 8:2 / / ... shared:102
248 239 0:4 / /proc ... shared:5
273 239 8:2 /etc /tmp/etc ... master:105 propagate_from:102
Ci-dessus, nous voyons que le montage avec l’ID 273 est un esclave dont le maitre est le groupe de pairs 105. Le point de montage pour ce maitre est inaccessible, et donc, une étiquette propagate_from est affichée, indiquant que le groupe de pairs dominant le plus proche (c’est-à-dire le montage accessible le plus proche dans la chaine esclave) est le groupe de pairs avec l’ID 102 (correspondant au point de montage /mnt avant que le chroot(1) soit réalisé).